Erreurs médicales - Martine et Philippe

Dunkerque, le 8 octobre 2009


Suite à votre article paru dans la VDN du 29 septembre dernier, il m’a semblé opportun de vous livrer mon témoignage :

En juillet 2008 je décide de me faire poser la bandelette TOT pour cause d’incontinences urinaires à l’effort ; opération apparemment courante et tout à fait banale. Prescription de ma gynécologue, RDV pris avec l’urologue, examen clinique de routine relativement rapide, date d’opération prévue pour le 22/07. Je suis confiance, cette opération ne présentant aucun risque majeur si ce n’est l’inconfort des premiers jours.

En fait dès le lendemain, je constate une incapacité totale d’uriner. Les douleurs à chaque tentative sont intenses. Je reste une journée supplémentaire en clinique. Mais je dois rentrer finalement chez moi avec une sonde à demeure et je découvre le plaisir de faire pipi debout…
Je revoie l’urologue quelques jours plus tard, pensant que tout va rentrer dans l’ordre, c’est en tous cas ce qu’il m’avait laissé entendre.

Mais toujours pas la moindre goutte d’urine. Il m’apprend donc à me sonder moi-même.
Je rentre chez moi mais n’y parviens pas. Tenir le miroir, trouver l’urètre, tenir les grandes lèvres ouvertes, introduire la sonde, tout un art !
A trois reprises je dois donc retourner me faire sonder à la clinique ; je ne décris pas les douleurs abdominales intenses du fait de la vessie pleine, et du stress dû à l’attente, à l’humiliation et à l’incompréhension de ce qui m’arrive. Car je ne sais toujours pas le pourquoi.
Finalement je parviens à me sonder, c’est une grande victoire, car je n’ai plus à attendre la prochaine miction dans l’angoisse de rester bloquée.

Cela dit j’annule nos vacances car il me paraît impossible de vivre cela ailleurs que chez moi, voire de risquer l’infection urinaire ; et dans les premiers temps je ne sors pas de chez moi.

Nous sommes en été quand même et ces vacances m’étaient nécessaires comme à tout un chacun ; je vois cela comme un désagrément supplémentaire mais qui reste secondaire, car évidemment je me demande surtout jusque quand cette situation ? et est-ce IRREMEDIABLE ?

Je revoie l’urologue chaque quinzaine qui ne sait quoi me dire sauf d’être patiente, et me prescrit un anxiolytique ! Malgré l’angoisse je continue à me fier à lui. Je me sonde donc entre 7 et 9 fois par jour.

Puis le hasard me fait rencontrer une amie qui me met en contact avec son frère chirurgien à la retraite ; celui-ci fort gentiment m’appelle et me conseille de ne surtout pas attendre et du consulter le CHR de Lille au plus vite. Ce que je fais mais ce sont les vacances je dois attendre septembre.

Le chirurgien du CHR ne semble pas surpris ; beaucoup de cas similaires au mien dans ses dossiers ; et de surcroît il ajoute, mais que se passe-t-il donc en ce moment à Dunkerque ?
En effet il dit qu’il ne faut plus attendre et réopérer au plus tôt, c’est ce qu’aurait dû faire mon urologue juste après l’opération, qui a trop serré la bandelette et bien sûr n’a pas voulu l’admettre.
Il me prévient qu’il y aura peut être un long moment de rééducation de la vessie, qui a perdu l’habitude de fonctionner toute seule.
Le 11 septembre donc au CHR, hôpital Huriez, aile est, l’opération se passe formidablement bien. Et je n’ai pas de séquelles au niveau urinaire.
J’ai été arrêtée en tout 4 mois et me suis sentie très affaiblie une année durant.
Il m’est resté un traumatisme profond psychologiquement car à chaque miction, il y a la pensée latente, et si ça ne marche pas.

J’ai aussi rencontré une autre femme qui a eu la même opération avec le même chirurgien il y a 7 ans avec des conséquences bien plus graves. Elle est en procès avec lui ; sa vie est gâchée, elle doit attendre la fin du procès pour une ré-opération. Ce chirurgien a visiblement pas mal de cas similaires à son actif et pourtant il continue d’opérer.

Je lui ai moi-même écrit pour lui raconter la fin de mon histoire, sans animosité aucune mais afin peut être qu’il prenne conscience de son incompétence dans ce domaine. Et qu’il respecte le serment d’Hippocrate « d’abord ne pas nuire » ! ce courrier est resté évidemment sans suite.

Pour ma part j’ai eu beaucoup de chance. Puisse mon témoignage mettre en garde, faire réfléchir, que ce soit avant de décider d’une opération, que de choisir la personne compétente.

J’ai été opérée dans un établissement de Dunkerque.

Le chirurgien qui m’a opérée à Lille est le docteur Fantoni et lui et son équipe ont été formidables que ce soit au niveau médical que relationnel.

Bien cordialement Et bravo pour votre combat.


Date de création : 09/10/2009 @ 10:05
Dernière modification : 09/10/2009 @ 11:34
Catégorie : Erreurs médicales
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