Maltraitances, négligences - Claude

LE 20 février 2009

Voici l'histoire de mon neveu

Aymeric a un syndrome néphrotique depuis l'âge de 2 ans. Pour traiter cette maladie qui lui donne des œdèmes, il doit prendre des doses de cortisone de plus en plus élevée pendant toute son enfance et son adolescence. Il est soumis à un régime strict, notamment sans sel, et il subit tous les désagréments dus à ce traitement (gonflement du visage, nervosité, crampes et tremblements …..).

Depuis quelques années, il est soumis à 3 séances de dialyse hebdomadaires. Chaque séance dure 4 heures.

Pour permettre ces dialyses, on lui a implanté une fistule au niveau supérieur de son bras droit. Il est pourtant droitier, mais de multiples lipomes sur son corps ont empêché de lui poser la fistule à son bras gauche.

Il travaille, malgré tout et va tenir une caisse dans un grand magasin de bricolage, après ses séances et les jours où il n'en a pas. Il rencontre aussi l'amour et se marie en 2005.

Après plusieurs années de dialyse, il est enfin inscrit sur la liste d'attente pour subir une greffe de rein.

Il est appelé une première fois en mars 2008, mais sa préparation n'est pas terminée. Il doit se faire soigner les dents avant d'être opéré.

Il est appelé une seconde fois, le 10/09/2008. Cette fois, c'est la bonne. Il va enfin pouvoir vivre comme tout le monde sans toutes les contraintes qu'impose la dialyse, aller en vacance où bon lui semble sans rechercher un centre de dialyse ...etc. Tout son entourage l'encourage.

La greffe est faite le jour même dans le service de transplantation du CHU d'Amiens. Cet hôpital a déjà réalisé plus de 800 greffes de ce type. Il n'y a aucune raison d'avoir peur.

Pourtant, dès le lendemain, Aymeric se plaint de maux de ventre. Cela dure depuis près d'une semaine maintenant. Les médecins décident alors de regarder de plus près ce qui se passe.

Ils découvrent une fuite urinaire et décident de le réopérer immédiatement.

Bien qu'ayant constaté que le syndrome néphrotique avait attaqué le greffon, Les médecins préparent une troisième intervention pour lui poser une sonde interne. En même temps, ils lui posent une sonde externe qu'Aymeric va conserver pendant plus de 3 mois.

Il est renvoyé chez lui, mais il doit revenir à l'hôpital 2 fois par semaine pour subir des échanges de plasma. Les médecins ont décidé de le guérir coûte que coûte.

Aymeric perd du poids. Il ne pèse plus que 44kg. En décembre 2008, il est opéré 1 nouvelle fois pour changer sa fistule (les échanges plasmatiques se font aussi par là), et une autre fois pour retirer sa sonde urinaire. A chaque opération, il est endormi totalement. Il s'affaiblit de plus en plus. Il fait toujours des allez-retours entre son domicile à Beauvais et l'hôpital d'Amiens soit une centaine de km par tous les temps. C'est son père qui l'accompagne et qui l'aide à attendre les examens et les soins.

Le 15 janvier 2009, il passe le bilan des 4 mois de greffe. Tous les résultats d'examen sont bons (son amaigrissement n'inquiète que ses proches). Il est renvoyé chez lui.

Le 18 janvier, Aymeric se plaint à nouveau de violents maux de ventre. Il est transporté à l'hôpital de Beauvais le 19 janvier. Là, on lui diagnostique une gastro, mais le lendemain, il est transféré à Amiens où on le garde cette fois.

Dans la nuit du 21 au 22/01/2009, Aymeric fait un arrêt respiratoire. Il est intubé, branché à une machine pour l'aider à respirer et plongé dans le coma.

Aujourd'hui, Aymeric est enfin libre, il est mort le 2 février, il avait 34 ans.


Date de création : 24/02/2009 @ 10:39
Dernière modification : 24/02/2009 @ 11:25
Catégorie : Maltraitances, négligences
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